Une période de détente bien méritée Avec l'arrivée de Véria, la "tanière" changea du tout au tout. L'étage de vie, jusqu'à dernièrement, se distinguait par ses grands espaces. Les seuls aménagements se concrétisaient par un lit, une malle, un poële et une bassine. Tout était épuré et nul désordre ne régnait, au contraire du rez-de-chaussée. Toutes les autres affaires de cet étage avaient été ajoutées au capharnaüm du rez-de-chaussée et de l'étage supérieur.
Depuis ce jour, Dokan sortit de temps en temps, de préférence le soir, pour se procurer des fournitures telles que des fourrures (pour tapisser le sol de la chambre et servir de couvertures), une table basse, des couverts, un ou deux tonneaux de "bon vin" et quelques mets au minimum correct à défaut d'être raffiné. L'objectif était de créer un endroit quelques peu agréable. A ces courses s'ajoutèrent l'acquisition de différents ensembles de vêtements chauds et distingués pour lui-même et sa compagne.
En vue de procéder à ces quelques achats, il se rendait dans les bas quartiers ainsi que sur l'île au nord de la cité (si elle demeure un quartier actif dans la clandestinité). Il y faisait jouer "le compte du Lion d'Or", en se présentant comme un émissaire du Grand Capitaine Aramir si l'écusson du commando ne suffit pas.
Au gré des jours, les amants apprirent à se connaître. Entre bains, massages et grasses matinées ils se firent quelques confidences sur leurs enfances, adolescences, familles. Dokan raconta son amour des mers chaudes qui est né auprès de son père dans sa plus tendre enfance. Il lui parla de cette époque heureuse sans retenue. Par contre il n’en fut pas de même de son époque d’apprentissage auprès de son oncle. Il fut vague sur le sujet en disant seulement « que ce fut une période routinière et sûrement la plus ennuyeuse de mon existence. Nourriture fade, entrainements répétitifs et sans grands intérêts, aucun temps de liberté, … En résumé la vie fut bien morne. » Il évita de mentionner les elfes noirs et les profondeurs. A l’opposé il parla avec exaltation de ses virées en mer avec les autres jeunes elfes, de la caresse du vent sur son visage. Il aimait parler du vent, au point que l’on pourrait croire avoir affaire à un prêtre elfe gris. « Les vents me guidèrent vers Fortinün où je fis la rencontre d’Aramir qui me convainquit de m’engager dans le Lion d’Or ».
La Méfiance conserve des racines profondes Même si la compagnie de Véria était des plus agréables, Dokan restait des plus suspicieux. A Fortinün, il avait appris à être méfiant à la limite de la paranoïa. C’était pour cela que depuis qu’il était en Avalon il ne prenait pas vraiment faits et causes pour le Lion d’Or et que son comportement était des plus fluctuants.
Il se posait des questions. Ardrémis était parti vite fait bien fait. Véria est restée alors qu'elle semblait liée à lui, d'une manière volontaire ou non. De plus elle, qui semble inquiète de sa propre sécurité, aurait été plus sereine dans le groupe.
Il aimerait savoir qu'est ce que fait Véria en la capitale. Est-ce à voir avec ses sorties dans le quartier pauvre (Dokan l'avait suivi à leur arrivée à la capitale)? Est-ce que finalement, elle ne reste pas un instrument d'Ardrémis et agit pour son compte ici même ?
Qui était elle au final ? Pourquoi détestait-elle les elfes noirs ? Quelle dette a-t-elle contractée et auprès de qui ? Que prône son culte et quelle est sa place en celui-ci ?
Finalement les jours défilèrent dans la détente la plus agréable qui soit depuis des mois. Mais il était temps de mettre les cartes sur table. Lors d’un repas, il entama :
« - C'est agréable de rester enfermer ici tous les deux. J'aimerai continuer à profiter du moment présent pendant des mois. Mais dehors cela s'agite. Et je ne compte pas rester dans cette île glaciale pendant des années. Aussi il faut préparer les nouvelles aventures...
Jusqu'à présent je faisais un bon duo avec Naëlem, que tu connais d'ailleurs. Mais nos chemins semblent divergés. J'ai quelques affaires à régler. Je dois me pourvoir en armes dignes de ce nom, retrouver des amis qui m'aideront à régler mes raideurs musculaires acquises en combattant ces panthères des glaces. Ensuite je n'ai trop rien de défini.
J'aimerai que tu m'accompagnes.
Si tu as des engagements qui t'enchainent, je t'en libérerai. Si tu as des projets, je serai content de les mêler aux miens »
Il la regarda droit dans les yeux et attendit d’elle une réponse développée
Elle ne semble pas surpris par tes questions... pas le moins du monde. Son regard reste accroche au tien sans ciller. Son sourire moqueur fait son apparition, lentement. Tu ne sais toujours pas si tu detestes cette moue ou si c'est l'un des "trucs" qui t'attire le plus chez elle.
" Dokan... (le ton est souave) Je ne suis pas reste pour le plaisir de contemple les glaces eternelles. Pourquoi avoir traine pour me poser ces questions ? Tu connais dors et deja ma reponse non ? Tu veux l'entendre c'est ca... Bien. Je suis donc restee ici pour toi. Je te suivrais donc sans hesitation ou tu le souhaites. Satisfait ? (son regard luit de cette lueur sauvage... l'origine de ta mefiance ?)
Je n'ai pas de veritables objectifs en tete excepte que je sois plutot pressee de partir de cette situation explosive. Ardremis est parti et ce n'est s'en doute pas pour rien. Le Duc local le cherchait mais ce n'est pas tout. Il a eu une conversation avec l'un des grands capitaines et je crois que c'est ca qu'il l'a decide a partir... (elle baisse d'un ton en ajoutant dans un murmure) alors qu'il avait des projets personnels importants ici. C'est pour cela qu'il m'avait fait venir mais comme il n'a pas pu les realiser je ne serais jamais quel devait etre mon role. Il n'a rien dit a personne. Peut-etre Kradal, Rukbar ou Viskajiit savait-il quelque chose car il parlait parfois de voyage et des eventuels dangers avec l'un ou l'autre. Mais je doute car il etait trop malin et mefiant pour nous en dire plus. Je suppose que mes talents devaient peut-etre servir a rentrer en contact avec certaines tribus qui venerent Luna - certaines de mes ... (elle hesite sur le terme) pratiques sont proches des leurs.
D'ailleurs, il serait temps que je te montre certaines choses car si la situation s'aggrave, il faudra que tu me proteges. Et mes dons te permettront peut-etre de sortir indemne des combats. Toi qui est commando, que sais-tu de la situation reelle dehors ? Pourrons-nous partir a la fin de l'hiver ou faut-il s'attendre a fuir les lieux ? J'espere que tu ne me caches rien de ce cote la ! (regard intense, plissement de sourcils) Car ce n'est qu'avec de la preparation que je pourrais t'etre utile. Tu me poses des questions comme si j'etais coupable de cacher des choses mais que m'as-tu dit de ton cote ? TU ne partages pas les informations qui NOUS permettrons de quitter ensemble ce maudit endroit ! " (…)
Introduction aux affaires Un soir comme un autre lors de ses sorties occasionnelles, il avait revêtu des vêtements de type "local" et imbibé ses cheveux d'henné. Il n'oublia pas de ranger dans ses poches des gants de cavalerie extravagants aux couleurs flamboyantes, spécialement achetés pour l'occasion. Puis au moment de sortir, il revêtit un manteau couvrant et se réfugia sous sa capuche tombante. Avançant tête baissée, il faisait son chemin malgré la neige. Son esprit en alerte, il observait tout mouvement. Il se dirigea vers les quartiers réputés comme étant les plus malfamés où il se promena, observant toujours. Il écoutait les conversations et prenaient note de toute chose. De temps en temps il se réchauffait dans un bar devant un vin chaud. Puis il demandait à un aubergiste vers qui il pourrait se diriger pour revendre quelques objets brillants. Il faisait glisser sur le comptoir quelques menues monnaies. Après deux heures de collecte d'informations, il se dirigea vers une première adresse. Il inspecta dans le pâté de maisons, puis rentra dans l'établissement. Il sortit de ses poches ses gants flamboyants, les enfila puis demanda à la clientèle de sortir des lieux. Lorsqu'un ou deux courageux décidèrent de vocaliser leur mécontentement, il attrapa les arrogants et les projeta violemment à l'extérieur. Une fois seul avec le recéleur, il commença à parler affaire: "Il est tombé dans mes oreilles que vous rachetiez différentes pierreries. C'est un commerce lucratif mais quelque peu dangereux. Quelqu'un pourrait souhaiter acquérir vos possessions contre votre volonté ou bien vous attacher, vous saigner et se délecter de votre jus tandis que celui-ci continue à couler de vos plaies! C'est vraiment une activité dangereuse. Aussi je vous propose la sécurité pour cinq pièces d'or par mois (je dis 5 po au hasard, cela équivaudrait à 500 euros). La somme est à payer d'avance! ... Non? Vous refusez ma protection?". L'intrus se dirige nonchalamment vers la porte pour la bloquer. Ensuite il tire les rideaux. "Vous me voyez vraiment désolé ..." Il se dirige d'un air d’autant plus menaçant que son visage restait toujours caché sous sa capuche. "Il m'importe peu que vous n'ayez pas la somme sur vous". Il attrape le recéleur qui se débat. Après quelques gestes violents en vue de calmer la situation, Dokan accroche à une poutre la petite frappe. " Au début tu continueras à te rebeller, puis la douleur se fera plus grande. Alors tu pleureras et tu rageras. Ensuite je te ferai connaître des sensations que tu n'as jamais expérimenté. Nous saurons d'une intimité telle que ... tu ne me refuseras plus rien". Il prit un vieux bout de tissu qui trainait et le fourra dans la bouche du recéleur. Il se remémora les pratiques de Naëlem puis celles des nains de Fortinün. Il s'attela au travail. Avec le temps les gouttes de sueur du recéleur devinrent des gouttes de sang. Finalement vint le moment où la petite frappe devint plus conciliante. Dokan lui posa quelques questions auxquelles le recéleur s’empressa de répondre autant qu’il le pouvait. « Quelles sont les personnalités influentes dans
les affaires ? Où je peux les trouver ? A quoi ressemblent t elles ? ». Quand il reçut toutes les informations qu’il souhaitait, il libéra sa victime et n’oublia pas de recevoir son paiement. Il n'eut pas la totalité du montant escompté, mais au final ce n'était pas grave. Avant de partir, il demanda un dernier renseignement: "Quel proxénète me conseilles tu pour me détendre?". Le receleur lui donna un nom et l’adresse. L'elfe souria, abrègea les souffrances de cette pauvre créature et se rendit vers sa prochaine proie.
Ce fut le même modus operandi avec le proxénète et les autres proies qui suivirent. A chaque fois il posait les mêmes questions. L’objectif était de faire coïncider les réponses et d’avoir un maximum d’informations.
A la fin de la soirée, il se retrouva avec une coquette somme et pleins de renseignements. Les seuls témoins qui étaient effectivement dans la capacité de témoigner, étaient ces misérables qui étaient expulsés par un homme au visage caché et aux gants flamboyants.
Il retourna prestement à l’auberge des murènes, sans oublier de faire quelques détours, pour se changer. Il revêtit ses vêtements et équipements habituels de commando du Lion d’Or. Puis il alla, malgré la fatigue et l’heure matinale rendre visite aux petits chefs de la pègre locale.